edito :

Bonjour,

Après une année riche en évènements et en créations, nous préparons la nouvelle saison 2008/2009 qui sera consacrée en grande partie à la diffusion.

Le spectacle Stabat Mater Furiosa créé en mars 2008, et pour lequel j'ai le grand plaisir d'être en scène aux côtés de la comédienne Catriona Morrison, sera en tournée de janvier à mars 2009.

                  patricia dallio en jeu sur ces instruments capteurs  

Une nouvelle pièce Prologos sera crée le 3 mars 2009 à l'espace Pier Paolo Pasolini de Valenciennes. Donnée conjointement au Parvis des ondes cette création en raconte la génèse. Traitement en temps réel, projections en réalité augmentée, danse et création musicale réunissent à nouveau Hervé Diasnas, Patricia Dallio et Yukari Bertocchi-Hamada.

                            hervé diasnas et patricia dallio

Spectacles en tournée :
Le cinéma-concert d'Art Zoyd La chute de la maison Usher, le duo Pat feuilletée avec Arnaud Laumont, Le parvis des ondes, dans sa version originale de 30 minutes ou avec la nouvelle création Prologos pour une durée totale de 50 minutes.   

Les ((( itinéraires sonocité ))) qui ont réunis en 2008 les trois binôme Marie-Hélène Fournier et Malte Martin, Julia Blanchard et Arnaud Laumont, Patricia Dallio et Nicolas Clauss, sur les thématiques de La forge à Osnes le Val, les compagnons d'Emaüs à Foulain et du canal à Dommarien, sont également disponibles pour des diffusions re-créations dans des milieux similaires sur le territoire français et en Belgique pour l'itinéraire autour du canal.                 

Un nouveau CD qui s'intitulera le parvis des ondes est prévu fin 2009. Le choix du studio est déjà fait, il s'agit du paradisiaque Studio Château de Faverolles en Haute-Marne (52).

Mon instrument et le travail avec les capteurs continuent à se développer. Pour la création de la pièce Prologos, co-produite par Art Zoyd, l'assistant musical Carl Faia poursuit le développement de l'outil dédié au traitement sonore via les capteurs. Encore plus de liberté et de souplesse dans l'interprétation, une ouverture à d'autres couleurs dans les compositions, et une ergonomie grandissante pour des projets basés sur l'improvisation avec traitement en temps réel.

Structuration :
Catherine Mortier, chargée de production pour la Cie Sound Track, continue son travail au sein de la Cie Sound Track et contribue, grâce à son travail minutieux, à soutenir mon travail et celui des artistes de la Cie. Une très bonne nouvelle pour les projets à venir.

Voici pour les informations de cette fin d'année 2008, qui je l'espère, vous apportera la possibilité de réaliser vos choix les plus simples et peut-être vos désirs les plus inespérés...

Bon courage à tous ceux dont les subventions ont été diminuées ou supprimées à la suite de nouvelles directives gouvernementales. Et tout mon soutien aux nombreux intermittents du spectacle
qui ont perdu leur statut cette année.

Bien à vous,
Patricia Dallio

 
 
 
info :
Retour au sommaire

Kaïro est le titre de la prochaine création Art Zoyd que vous pourrez découvrir au Phénix de Valenciennes en décembre 2009.
Plus d'informations surle site officiel Art Zoyd à cette adresse : http://www.artzoyd.org

 
 
 
parasites : 
Retour au sommaire

Pour les collectionneurs, petits échantillons de parasites à découvrir :

- Mauricette ...
- Charly ..
- Yvonne .........
- Saturnin ..
- Marguerite.......
- Karim ...
- Georges.......
- Raoul ...
- Robert .......
- Bernadette........
- Anatole...

 
 
 
 
Retour au sommaire

 

 
 
 
agenda :
Retour au sommaire

 

 

Stabat Mater Furiosa

16,17 et18 janvier 2008, 20H30 TAPS-Gare Scène STRASBOURGEOISE

21 et 22 janvier L'allan-scène nationale de MONTBELIARD


du 28 janvier au 15 février 2009
Théâtre Molière - Maison de la Poésie, PARIS

du mercredi au samedi 21 h – dimanche 17 h

grande salle

10 mars 2009 La Coupole ST LOUIS

12 mars 2009, 14H30 et 20H30 Le Grillen COLMAR

             

 

 

                                  Le Parvis des ondes

3 mars 2008, "Espace Pasolini" - Théâtre international de Valenciennes

19 et 20 novembre 2009, Théâtre de GAUCHY

 

 

  ((OW_AO)) open workshop, atelier ouvert

du 18 au 28 mars, au Gymnase du Nouveau Relax de Chaumont
tous les jours à 18h, entrée libre

 

 

 

 
 
 
 
 
distribution :
Retour au sommaire


Tous les CDs sont disponibles en paiement sécurisé sur ce site ainsi que le DVD (((sonocité))). La Cie Sound Track en gère la vente et l'envoi en toute sécurité. Les frais d'envoi en recommandé sont inclus dans les prix de vente affichés.
Si vous rencontrez quelque difficulté que ce soit, n'hésitez pas à contacter Caroline Poinsot, responsable des ventes soundtrack@libertysurf.fr

 
 
 
cv :
Retour au sommaire

Née le 3 novembre 1958 à Chaumont (Haute-Marne), pianiste de formation classique et jazz, sa rencontre avec Art Zoyd en 1979 aboutit à une collaboration à peine interrompue en 1982 pour rejoindre le sextet de Jacques Thollot. Compositrice, elle collabore avec des metteurs en scène (Jean Deloche, Sarah Harper, Beda Percht, Evelyne Beyghau, François Levé, Katérini Antonakaki, Yves Lenoir), des chorégraphes (Danièle Paume, Catherine Lanoir, Jean-Yves Ginoux, Hervé Dianas ), des réalisateurs (Michel Schneider, Alain Riès, Marie Ka)... Sa rencontre avec le graphiste Malte Martin pour la performance Instant mobile l'amène à réaliser de nouvelles expérimentations vers les mondes du visuel qui vont se développer avec le peintre sur toile internet Nicolas Clauss au travers du module interactif Le gardien du temps et aux côtés de Chaïtane Conversat réalisatice de films d'animation. Ce rapprochement avec les arts du visuel concrétisant l'omniprésence d'une trame cinématographique dans la construction de ses musiques n'est en fait qu'une continuité perceptible par l'univers expressionniste, émotionnel et poétique qui se dégage depuis toujours de ses musiques. Un monde paisible et tourmenté, familier et bizarre qui laisse notre imaginaire dériver et offre à chacun la possibilité de réaliser son propre film. Elle compose pour Art Zoyd aux côtés de Gérard Hourbette et Kasper Toeplitz pour les spectacles Metropolis, La nuit du Jabberwock, Armageddon et La chute de la maison Usher.
Elle est co-fondatrice avec Cyril Dumontet en 91, de l'association Sound Track (musique pour l'image et le geste) dont le but est de soutenir la création contemporaine associée aux arts du visuel sous toutes les formes.
Réalise depuis quelques années des productions qu'elle compose et joue sur scène avec des invités. Chantier Sonographique avec Julia Blanchard, Création en 2005 du duo Yép avec la musicienne Yukari Bertocchi-Hamada pour le spectacle la teneur de l'air, en 2007 le parvis des ondes avec Hervé Diasnas, en 2008 Stabat Mater Furiosa avec Catriona Morrison et Yves Lenoir,
"Bise l'assaut, écluse N°13", performance visuelle et sonore, et micros concerts aux côtés de Nicolas Clauss.

 

 

 
 
art zoyd  dernier CD paru :
Retour au sommaire

 «La chute le la maison Usher» Art Zoyd
 IN-POSSIBLE RECORDS

 distribution :
Art Zoyd


       

 Art Zoyd : www.artzoyd.com
                artzoyd@wanadoo.fr

 
 
 
 
news letter :
Retour au sommaire

Si vous souhaitez recevoir des informations irrégulomadaires,
n'hésitez pas à nous communiquer votre contact e-mail


 
 
 
presse et radio :
Retour au sommaire

 

France inter, émission carnet de campagne :
RealMediaAudio Philippe Bertrand présente le travail de la Cie Sound Track et de Patricia Dallio.

 

 

Le parvis des ondes
Patricia Dallio Compositrice musicienne
par Rosita Boisseau pour les Cahiers de l'ORCCA, juin 2008.
"Le parvis des ondes",
spectacle signé par la compositrice et musicienne Patricia Dallio, pour sa complice Yukari Berthocchi-Hamada et le chorégraphe Hervé Diasnas est une expérience rare, tant du point du processus, que du résultat.
Présenté à la Caserne des Pompiers dans le cadre du festival Avignon 2007, ce trio de haut vol rassemblait dans une même flambée sonore et gestuelle les trois interprètes. Loin des clichés du rapport musique-danse, le son devenait mouvement, le mouvement s'incarnait dans un son, tout faisait corps.
Les trafics de l'électronique réussissait, grâce à la dextérité des interprètes, à déployer une magie singulière, entre artisanat et technologie.
C'est Patricia Dallio, experte en clavier, échantillonneur, programmatrice, membre du groupe Art Zoyd depuis 1979, qui est à l'origine du projet. Elle l'avoue haut et fort : Elle adore collaborer avec des danseurs et rêvait de travailler avec Hervé Diasnas depuis fort longtemps. "Je suis touchée profondément par la danse, confie Patricia Dallio, aussi intense dans la vie que sur la scène. "Dès que je vois un danseur, chacun de ses gestes évoque immédiatement un son. Une sorte de traduction simultanée que je tente à retrouver dans les spectacles. Quant à Hervé, il se fond dans les images qu'il propose, disparaît dans son mouvement."
Sur le plateau les deux musiciennes sont debout derrière des pupitres chargés de capteurs; Hervé Diasnas est aux prises avec une série de trois petites scènes comme une volée de marches. Chacun des protagonistes est coulé dans un puits de lumière qui cisèle son urgence dans un halo cuivré. Les gestes des musiciennes, amples et doux, très chorégraphiés dans leur suspension, font écho aux mouvement d'Hervé Diasnas.
Un petit micro permet d'enregistrer ses souffles que les musiciennes vont traiter en direct à travers leurs appareils. Les petits rebonds secs de leurs mains sur le clavier rejoignent les spasmes du danseur retourné sur le dos comme un insecte à la coquille trop lourde. L'élasticité de leurs bras en train de modifier les sons (épaisseurs, texture, durée...) devant les capteurs fascine. On perçoit leur écoute, leur composition en direct de la matière musicale donnée par Hervé Diasnas.
"C'est une sensation géniale d'avoir en quelque sorte le son dans le creux de sa main et de pouvoir en contrôler les modulations dans l'espace" commente Patricia Dallio.
Cette transformation palpable est l'un des aspects les plus passionnants
de ce "Parvis des ondes" qui se construit devant nos yeux dans une riche palette musicale. Bruits d'animaux, d'humains, crissements métalliques ou roulis d'orgues, ces ondes-là sont intraduisibles, faisant basculer dans un même mystère le son et la danse.


Bernadette Bonis DANSER septembre 2007:  
Mise en ondes
Présenté dans le off d'Avignon par la Région Champagne-Ardennes, le Parvis des ondes est un trio envoûtant des musiciennes Patricia Dallio et Yukari Bertocchi-Hamada avec le danseur Hervé Diasnas. Une marche circulaire autour du dispositif scénique que l'on découvre dans l'ombre - trois praticables dénivelés en large escalier et deux "pupitres" de lutherie électronique - nous plonge d'emblée dans une atmosphère de rituel. Tandis que les musiciennes s'installent, Diasnas investit l'espace de sa danse énergique et d'une extrême concentration qui le transporte dans un monde mystérieux comme dans une transe. Ce grand corps musculeux se défroisse, roule au sol, saurien déchiré, tandis que s'élève une musique éthérée. A la danse terrienne répondent les gestes aériens des musiciennes équipées d'un système de capteurs. La musique s'intensifie jusqu'au déchaînement sonore et Diasnas déploie sa danse, tantôt précipitée, tantôt en larges mouvements ou détails minutieux, jusqu'au retour calme et au sol. Si l'on ne peut décrire ici le système d'intéractivité "d'ondes sonores et corporelles" de Patricia Dallio/Hervé Diasnas, le spectacle qui en résulte est magistral et nous mène au bord du sacré.

Micheline Servin - Les Temps Modernes - février 2008
Le parvis des ondes, composition/arrangement de Patricia Dallio, chorégraphie de Hervé Diasnas, à la Caserne des Pompiers.
Au milieu de l'espace ténébreux, trois petites scènes métalliques, sur trois niveaux que traverse un étroit faisceau lumineux bleu avec en son centre une ligne blanche. De part et d'autre, en vis à vis, deux praticables, un peu surélevés, où oeuvrent les deux musiciennes, Yukari Bertocci-Hamada, à leurs consoles et à leurs claviers dans des lumières rouges et blanches, mais aussi à différents capteurs (bracelets, sabres de bois, multipad presseur) et pédales. L'espace se fait univers sonore, dans lequel évolue Hervé Diasnas. Il tourne autour du dispositif, corps s'emplissant de sons qui se modulent quand il approche du parvis sur lequel il devient onde physique et sonore, son souffle étant capté, traité et recréé lui revenant autrement, en transformation constante. Danseur dont le corps trace des lignes évanescentes, les membres se déployant pour de fugitives figures pures. Corps allant et venant pour atteindre le haut de ce parvis qui débouche sur le vide, debout ou couché, comme repoussé et repartant, en incessants et précis mouvements, d'une énergie tout en fluidité, dans une osmose avec la musique atteignant imperceptiblement une plénitude libératoire des tensions générées, jusqu'à la fin des ondes. "Performance danse/concert", oui, si performance implique création engendrée de l'instant des artistes, de l'interprétation mutuelle, du risque de l'aléatoire. Une pièce néanmoins conduite, singulière et inspirée, d'un onirisme poétique intense, mystérieux. Voir et écouter le danseur et les musiciennes. Une quête rare.

A propos du CD "L'encre des voix secrètes" :
"... étranges organismes sonores entre le biologique et le mécanique, hypnotique et sourd, aventureux et inquiétant... " L.L.d.M. "Le terrier"

http://www.atol.fr

"... Parasites et craquements tissent tout au long de la transformation physique, chimique voire alchimique des mots d'auteur au vocoder en musique d'outre-tombe- une carte du sensible, une géographique du son : un travail géopoétique du premier ordre... " Steven Hearn pour "Octopus" le journal des musiques libres et inventives

"... L'encre des Voix secrètes est bien le titre qui convient pour désigner cette Ïuvre qui se décrypte, se cache, se dévoile, se rebelle contre les modes et les rythmes établis ou conventionnels... cette musique, si elle peut sembler plonger dans la dissonance ou le chaos de l'arythmie est assurément le résultat d'une écriture minutieuse qui encre nos cerveaux, s'ancre en nos tympans, imprime son esthétisme dans nos mémoires. ... c'est là le fruit d'un art intègre, sans compromissions, un véritable petit prodige qui vaut le détour. Si vos oreilles en ont assez de la soupe médiatico-commerciale qu'on nous sert à la télévision et à la radio, qu'elles se jettent sur sa musique." Arnaud Pelletier

"... En plus de ses prestations au sein de la formation Art Zoyd, Patricia Dallio poursuit un développement musical personnel, emprunt d'atmosphères envoûtantes et inquiétantes. L'album "l'encre des voix secrètes" en est une excellente illustration. ... l'univers de l'album "l'encre des voix secrètes" est construit sur la base de rythmes mécaniques qu'humanise la présence de voix fémininesÊà demi étouffées par les murs du dédale d'une la salle des machines. L'auditeur ainsi emprisonné se laisse guider au fil de la composition. Toujours aux abois il passe d'une salle à l'autre, espérant sans cesse rencontrer la femme-machine qu'il entend. Elle est fragile malgré sa puissance. Elle est violente et haletante comme une bête blessée. Patricia a choisi d'utiliser des samples de voix pour étayer son propos. Ces voix se marient à merveille à la musique en permettant d'en accentuer la tension et la fragilité...
... Nous voici en présence d'un très bon album, qui se situe au croisement de la musique contemporaine et de la musique rêvée. Uncle Chris pour "doggy bag" http://www.doggybag.org

"... Disque atypique par excellence, oscillant entre l'expérimentation contemporaine concrète, la musique industrielle, le planant et la poésie, avec des textes en français, anglais, allemand. C'est donc une musique franchement "spé" pas toujours facile, mais qui vaut le coup d'oreille. ... On est prévenu sur la pochette (un magnifique Digipack) de ne pas jeter ses enceintes àla poubelle après écoute de ce CD. Mais là elle exagère vraiment car même s'il y a quelques craquements sinistres et des sons bizaroïdes, les enceintes et nos oreilles résistent fort bien et même en redemandent (quelquefois) H.il pour le REVOCULORPOP (révolution culturelle lorraine populaire) N°44
http://delirium.pm.free.fr/

 
 
 
interview et entretiens :
Retour au sommaire

Entretien avril 2007
Propos recueillis par David Sanson


Vous avez multiplié les rencontres : avec le musicien de jazz Jacques Thollot, que vous avez accompagné, ou au sein du fameux groupe Art Zoyd, avec les nombreux réalisateurs, chorégraphes, plasticiens avec lesquels vous avez travaillé. Dans quelle mesure la rencontre est-elle un moteur dans votre parcours de musicienne ?
C’est le cœur même de toutes mes motivations. Je me nourris de l’échange, de la différence, j’aime cette confrontation à un autre qui vous donne à la fois son interprétation de ce que vous êtes, et un éclairage sur ce que vous pourriez être. C’est d’autant plus marquant dans les rencontres où le langage de cet autre créateur est différent, et vous emporte dans des territoires que vous n’auriez jamais explorés seul. Un échange réussi invite l’œuvre du partenaire à se nourrir de la partition musicale, et c’est là que la transdisciplinarité prend tout son sens et rend la collision passionnante.


Vous vous réclamez de Miles Davis autant que de Bartók ou Ravel, votre musique est également reconnue sur la scène rock et dans le monde de l’électronique expérimentale, vous collaborez avec l’ensemble Musiques Nouvelles… Au plan de la musique aussi, vous semblez avoir à cœur de mettre à bas les frontières stylistiques, notamment en cherchant des alternatives à la dimension rituelle des concerts (rock ou classique), des manières de créer d’autres « environnements »…
Je n’ai pas intégré le mot frontière à ma façon d’écouter ou d’écrire la musique. Si l’incroyable pulsation de la musique de Miles m’a transporté et a remis en question ma façon de ressentir les quatre temps d’une mesure, les harmonies du Concerto pour orchestre de Bartók m’ont marquée pour toujours. J’adore l’énergie de la scène rock expérimentale, et la folie des compositeurs contemporains apporte à ma palette sonore des inspirations de couleurs, de concepts, d’espaces. Toutes ces années avec Art Zoyd m’ayant permis d’expérimenter les formes les plus incroyables de la musique en scène, comment imaginer qu’il ne soit possible de jouer qu’en frontal dans un théâtre ? Les expériences tellement puissantes d’art contextuel, dans lesquelles la musique est effectivement porteuse de la parole du vivant, sont des pistes à explorer et font parties de mes aspirations fondamentales.

Ces dernières années, vous semblez manifester un intérêt de plus en plus grand pour le travail avec les capteurs (voir le spectacle-concert La Teneur de l’air, créé en mars 2006 à la Cartonnerie de Reims) : pouvez-vous revenir sur cette évolution ?
J’ai été initiée aux capteurs par le thereministe Laurent Dailleau afin d’ interpréter une pièce de Kasper Toeplitz, lors d’une commande Art Zoyd pour le spectacle Armageddon. J’ai découvert alors cette sensation extraordinaire d’avoir physiquement le son dans le creux de la main et de pouvoir en contrôler les diverses modulations en me mouvant dans l’espace. C’était vraiment incroyable : j’ai vu la porte d’un autre monde s’ouvrir, et je l’ai franchie en toute inconscience du travail qui nous attendait pour commencer à maîtriser l’instrument, développer les interfaces et remettre en question l’écriture de la musique ! Je suis encore sur le seuil, mais déjà je constate que l’impact sur la musique et son interprétation dépasse tout ce que j’avais imaginé…

Quelle a été la genèse du Parvis des Ondes, votre dernière création, « œuvre interactive pour trois interprètes » ?
Le Parvis des ondes, c’est d’abord, encore une fois, une affaire de rencontres. En Yukari Bertocchi-Hamada, j’ai trouvé une très grande pianiste, qui a eu l'audace, il y a quelques années, de partir sur l'aventure des capteurs et de l'électronique. Une musicienne d'une sensibilité extrême dont les amplitudes de jeu sont aussi énormes que sa puissance de travail et son sens de l’engagement : un cadeau pour un compositeur ! La première partie du Parvis des ondes donne les impressions « empathiques » de la complémentarité entre Yukari et moi : j'ai notamment travaillé cette complémentarité dans l'orchestration et les gestes des partitions jouées aux capteurs, qui laissent une large place à l’interprétation au sein d’une musique par ailleurs très « écrite »… Quant à Hervé Diasnas, son univers me fascine depuis longtemps : il se fond dans les images qu'il propose, son être disparaît dans sa danse qui est d'une précision et d'une sensibilité extrêmes.

En quoi diriez-vous ce projet, qui mêle un caractère « intuitif » – un impact énergique et poétique direct – et une dimension extrêmement composée (de la même manière que la danse d’Hervé Diasnas semble associer dans un même mouvement énergie et précision), est emblématique de votre sensibilité et de votre langage?
L’imprégnation de la thématique des personnages, des écrits, des lieux et des images, pour lesquels je compose commence toujours par une identification intuitive à leur psychologie, leur forme avouée ou cachée, leur essence, leur structure profonde. Je construis alors un univers sonore sur mesure, à l’écoute méticuleuse de toutes les perceptions découvertes. La musique devient une perspective et un angle de vue du sujet nourris par mon imaginaire.
Quant à la constante organique, et parfois sombre de mes créations, (Le Parvis… n’y échappant pas), elle naît d’une attirance particulière à observer les remous de mes effrois intérieurs et à essayer d’en mettre en lumière la puissance dramatique, sensitive et romanesque.

                                                               Retour au sommaire

Interview réalisé en 2003 par Jean-Delstrade du CIJ (CentreIinfo Jazz en Champagne-Ardenne) et mis en ligne sur le site MACAO http://www.macao-mus.com/cij
Patricia Dallio est au coeur de la création par son travail à titre individuel ou avec Art Zoyd. Peu connue en Champagne-Ardenne, ces quelques questions seront l'occasion de connaître un peu mieux la compositrice chaumontaise..

Tu as suivi une formation classique et jazz. En quoi cet apprentissage (et plus particulièrement le jazz) te sert pour ton travail de composition ? Et comment s'est fait le choix de l'orientation vers la musique contemporaine ?
La plus grande découverte musicale et l'immense coup de foudre de ma vie fut Miles Davis années 70 avec les albums "Bitches Brew" , "A tribute to Jack Johnson", "Live Evil", "Agharta". La "pulsation" de ses albums ne m'a plus jamais quittée, cette façon de sentir le rythme, de jouer dessus et avec lui. Depuis, le jazz fait partie de moi viscéralement, et principalement au niveau rythmique dans une façon très simple de ressentir la pulsation, "le groove", de se laisser aller au fond du temps tout en gardant une énergie qui pousse vers l'avant. C'est un peu abstrait, mais c'est comme ça que je le ressens, physiquement. J'ai aussi énormément travaillé (des journées entières !) avec un métronome dédoublé et à l'envers, c'est à dire considéré que les deux temps (pour une mesure de quatre) donnés par lui sont le deuxième et le quatrième et non pas le premier et le troisième temps, de façon à ne plus pouvoir jouer autrement que avec le "swing". Du coup, aujourd'hui la perception du contretemps est presque un état naturel pour moi ... C'est dans cette approche du rythme que le jazz est présent dans ma musique, il ne l'est pas au niveau harmonique puisque c'est plutôt la découverte des compositeurs du début de ce siècle qui m'ont marqué, Béla Bartok, Jehan Alain, Maurice Ravel, Olivier Messian... je construis presque toutes mes harmonies sur les modes "assymétriques" chers à ce dernier, j'entends ces modes malgré moi et je m'amuse avec. Le jazz est aussi présent dans le plaisir de se laisser aller à l'improvisation, puis ensuite de travailler à partir des idées qui en sont sorties. Par ailleurs, l'orientation vers la musique contemporaine se fait par plusieurs voies... :
- Celle de la technologie à laquelle j'attache beaucoup d'importance, car cela me passionne, et celle de la recherche sur le son. J'ai une attirance extrême pour le son, le timbre, la matière et toutes les façons possibles et illimitées de transformer par exemple un piano en "n'importe quoi" ou bien de s'amuser en donnant à des parasites des fonctions rythmiques et de les mettre en avant.
- Celle du milieu dans lequel je travaille, c'est à dire avec Art Zoyd qui est un groupe de recherche mais aussi un centre de création musicale qui accueille des compositeurs en résidence. Je rencontre donc ces compositeurs et l'émulation, la curiosité, la découverte, les échanges font qu'une certaine partie de moi est attirée vers cette musique que je découvre tardivement, grâce à Art Zoyd, et plus particulièrement à Gérard Hourbette, son directeur.

Retour au sommaire

Ton parcours est jalonné de collaboration avec des metteurs en scènes, chorégraphes, réalisateurs : une confrontation de la musique avec "les mondes du visuel". Qu'est ce qui motive ce travail spécifique ?: la nécessité de mettre en danger sa musique, de s'interroger de manière différente, de chercher de nouvelles voies pour l'exploration de l'espace sonore ?
La motivation première est surtout la rencontre de l'autre et de son univers d'exploration. C'est l'expérience de se découvrir dans la mise en commun d'un travail de création à offrir au public et j'y vois plus un partage des risques plutôt qu'une mise en danger (bien que ce risque soit d'abord pris par le metteur en scène ou le chorégraphe quand il fait le choix de travailler avec moi...). C'est aussi, effectivement toujours de nouvelles voies d'exploration car je conçois cet exercice de commande comme une écoute suprême du désir de cet autre créateur pour un éclairage musical sur sa réflexion, sa recherche, sa mise en espace visuel etc... Cela implique forcément d'être transporté dans des chemins et des envies qui sont celles du créateur visuel, de l'auteur et donc d'aller là où on ne serait jamais allé tout seul.

Patricia Dallio militante ?(le disque en rapport avec les déchets nucléaires, l'engagement dans SoundTrack pour revendiquer et promouvoir la création). Comment cela se traduit il dans tes choix musicaux ?
Comment dissocier l'activité musicale des événements marquants de la vie ? Tout ce qui me marque émotionnellement va transparaître dans les musiques à venir. Je ne filtre surtout pas ça, et si une occasion d'expurger se présente comme pour le CD "D'où vient l'eau des puits?" alors je fonce . J'ai été trop ébranlée par la découverte de l'hérésie humaine face à la gestion du nucléaire pour ne pas avoir envie et même besoin de le sortir musicalement et en même temps de pouvoir donner un coup de main au mouvement anti-nucléaire. Là, c'était facile car j'ai utilisé des témoignages vivants et des documents existants, j'étais dans un sujet hyper concret et à la fois très émotionnel. L'engagement est d'un autre ordre dans Sound Track, puisqu'il s'agit de regrouper des compositeurs et des artistes du visuel sur des projets, pour créer des ponts entre nous et vers l'extérieur et quelque part se sentir plus fort et moins seul. C'est assez vital de se relier aux autres quand on fait le choix de vivre en Haute-Marne. Les conséquences sur la musique sont, un peu comme pour mon expérience avec Art Zoyd, de l'ordre des échanges potentiellement enrichissants.
Je continuerai à m'engager à titre personnel, contre des directives politiques quand elles sont destructrices pour les faibles, comme actuellement au sujet du statut des intermittents dont je fais partie et qui risquent d'abattre violemment le vivier culturel existant et déjà fragile. Peut être que le fait de se sentir méprisé aura des répercussions sur les créations à venir car cela va générer plus d'angoisse, plus de colère etc... encore faudra-t-il pouvoir trouver les moyens pour réaliser ses créations. Au niveau musical, pour le moment, mon engagement se borne à faire une musique pour laquelle je ne fais aucune concession. Je sais qu'il existe des oreilles curieuses et que ce travail peut en toucher quelques paires, reste à diriger les haut-parleurs dans la bonne direction...

Retour au sommaire

Art Zoyd a créé le "Centre Transfrontalier de production et de création musicale" : quid ?
Les aides européennes et la proximité des deux villes (Mons et Maubeuge) ont permis de rapprocher l'ensemble "Musiques nouvelles" dirigé par Jean-Paul Dessy et Art Zoyd sur des projets de créations avec électronique. Des compositeurs invités viennent en résidence pour un travail sur l' instrumentarium d'Art Zoyd, puis les oeuvres sont jouées en public par l'ensemble Musiques Nouvelles et des musiciens interprètes d'Art Zoyd. Ce sont deux créations par an avec à chaque fois quatre compositeurs invités et des projections vidéo, qui sont jouées en public sous le nom de "Expérience de vol". Pour plus d'info aller voir sur le site http://www.artzoyd.org Ce sont des projets très difficiles à mettre en place qui brisent un peu les clivages et qui sont vraiment très intéressants. Ils ont permis entre autre la rencontre du groupe avec Kasper Toeplitz qui, depuis sa résidence pour la première version de "Expérience de vol#1", participe en tant que compositeur avec Gérard Hourbette et moi-même à tous les projets Art Zoyd. (Métropolis, La nuit du Jabberwock, Armageddon...)

Comment juges tu ton esthétique musicale en Champagne-Ardenne (réception du public, diffusion, création...) ?
Je ne pourrai me faire une idée sur la réception du public en Champagne-Ardenne que lorsque nous aurons pu y présenter un spectacle. J'ai souvenir d'un concert Art Zoyd à Epernay et d'un autre au Manège de Reims dans les années 80. Depuis plus rien. Je ne l'explique pas et je ne désespère pas non plus. Si vous voulez organiser un cinéma-concert Art Zoyd contactez Monique Vialadieu O3 27 64 74 33 http://www.artzoyd.org
J'ai travaillé un peu sur Reims il y a plus de dix ans avec Jean Deloche pour "Etrange peine Théâtre", avec Marylèn Breuker à l'occasion de stages de danse, avec la Cie Turbulence à Châlons-en-Champagne pour leur "Manège Elixir", pour une expo d'art contemporain à la Fac des sciences en 1912 je crois... Toutes ces expériences furent vraiment extraordinaires, je pense que mon travail a beaucoup évolué en dix ans... c'est peut-être pour ça ... Depuis ces gens ont presque tous quitté la région (pas à cause de moi !). J'ai, ces dernières années travaillé avec des Cie de Théâtre sur Chaumont avec Evelyne Beighau, François Levé et Chaïtane Conversat sur des films d'animation. Tout le reste de mon travail se fait hors région. Je m'étonne souvent de constater combien Chaumont est loin de Reims et cependant si proche de Maubeuge, de Paris, de Mexico, Zurich etc...

Retour au sommaire

 
 
 
 
l'équipe :
Retour au sommaire

Ce site à été conçu par : lgroso d'après une maquette de Claude Poirot
Design et réalisation de la version 2003 : CyPoGRaPHiC'S Studio
Online shop : Frédéric Delbos et Antoine Guichardon
Suivi du site et précieux coups de mains par Vincent Ecosse.
Repise du site en 2008 par Anthony L'Hôte Enzyme studio.
Photos : Emmanuel Valette, Véronique Vercheval, Patrick Quesselaire, Anne Nordmann, Michel Chassat, Richard Pelletier, Patricia Dallio, Thierry Robert et Olivier Loucif.

 
 
 
p.s.
Retour au sommaire

Je suis toujours à l'écoute de vos remarques pertinentes et impertinentes...
info@patriciadallio.com
A bientôt pour de nouvelles nouvelles..

... 2002...2003...2004 
... 2005...2006 ...2007

... 2008

... et la vie continue... bien à tous !

Patricia Dallio

 
   
 
 


http://www.patriciadallio.com

Mise à jour / up-date : 17/10/2008 www.patriciadallio.com